ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GUERANDE
Guérande vient du breton ancien "uuenrann" (pays blanc). Ce qui équivaut à "Guer-rann" (région blanche) dans le Cartulaire de Redon. "Uuen" peut aussi exprimer un caractère "sacré" et aurait un lien avec la présence d'une église et de saint
Aubin (dont le pays de Guérande est un des lieux retenus pour la naissance du saint). Ainsi "Uuenrann" désignerait-il le "Pays d'Aubin". Il semble qu'à
l'origine Guérande s'appelait "Grannona". Les Romains avaient établi dans la région une garnison militaire.
Il n'est pas parlé de Guérande avant l'an 448, où l'on dit que les Romains en sont chassés par les Armoricains, sous la conduite de saint Germain-l'Auxerois. Les
Romains reprennent le territoire quelques temps après, et l'on assure qu'ils y ont construit une forteresse appelée Grannone, vers l'an 470. Les romains avaient encore une garnison à Grannone, en
497. La création de la paroisse de Guérande est traditionnellement attribuée à Waroc'h (577-594), fils de Macliau et prince de Vannes, qui aurait édifié un baptistère à l'emplacement du chœur de
la collégiale. Guérande était à l'origine une paroisse primitive et englobait les communes actuelles de Batz-sur-Mer, Le Pouliguen, Le Croisic qui au bas Moyen Age ne formaient qu'une seule
paroisse, Saint-Lyphard et vraisemblablement Saint-Molf et Mesquer.
L'évêque de Nantes, Actard, ayant déplu au comte breton Nominoë, ce "vicus" qui avait été créé, semble-t-il, au moment de la translation du sarcophage de saint
Aubin en 556 (des reliques de saint Aubin y sont attestées en 854), devient vers 848 le siège d'un évêché temporaire, puis bénéficie de la fondation, attribuée au roi de Bretagne Salomon
(857-874), d'un collège de chanoine. En effet au IXème siècle, l'intrus Gislard (ou Gilard), chassé de Nantes par l'évêque légitime Actard, s'établit en 846 à Guérande au lieu-dit "Aula
Quiriaca" et parvient à maintenir sous sa juridiction toute la partie du diocèse qui forma plus tard l'archidiaconé de La Mée vers 857. A la mort de Gilard, en 895, la Mée est réunie à
l'évêché de Nantes, sous le nom d'archidiaconé. Le palais épiscopal, qui se trouvait jadis rue de l'Evêché, a été démoli en 1680, à la requête de l'évêque de Nantes, Gilles Jean François de
Beauveau (ou Beauvau).
Au IXème siècle, à partir de 853, les Normands ont leur cantonnement dans l'île Botty en Loire et font plusieurs expéditions dans la presqu'île de Guérande en 843
et en 853. En 854, le comte de Vannes, Pascweten, gendre du roi Salomon (en breton Salaun), qui habite assez souvent l'ancienne villa gallo-romaine de Clis (entre Guérande et la Turballe), fait
don aux religieux de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon de terrains, ou mieux de bôles sis à Guérande, au lieu-dit Broneril, pour établir des salines. L'abbaye acquiert dans l'île de Batz-sur-Mer,
la saline Maorem, vendue dix sous par son propriétaire Salw, puis successivement les salines de Chaw, de la Mée et de Salin Cron.
Au tout début du Xème siècle, les habitants de Guérande réussissent à repousser les armées normandes (une flotte de scandinaves venant directement de leur
pays) grâce à un miracle qui aurait eu lieu à Guérande en 919 ("... en effet l'invocation par les Guérandais à saint Aubin provoque l'intervention surnaturelle d'un chevalier qui leur
permet de repousser les Normands."). En remerciements pour ce brillant fait d'armes, ils décident de dédier leur cité à Saint-Aubin (409-550), évêque d'Angers et natif de Guérande. Le
rédacteur d'une charte de l'abbaye de Redon du milieu du IXème siècle prend soin de dire que cette charte a été passée "dans cette église devant l'autel où sont conservées les reliques de
saint Aubin". Quelques évêques de Nantes ont momentanément résidé à Guérande : au XIème siècle, Quiriacus ou Quirac ou Guerec y habitera longtemps et on donna à Guérande le nom de Aula
Quiriaca ou Guerec d'où vient peut-être le nom de Guérande.
Après l'an mille, la présence d'un château permet la création d'un bourg castral à quatre portes (Saint-Michel, Bizienne, Saillé et la Vannetaise) et plusieurs
tours reliées par des courtines (la tour Théologale qui date de Jean IV, la tour Sainte-Anne qui date de 1442-1450, la tour Kerbenet, la tour de la Gaudinais, la tour de l'Abreuvoir ou
Kercassier, la tour Saint-Jean, etc ...). Un acte de 1206 mentionne un bourg de Guérande. En 1214, Pierre Mauclerc dispose du domaine de Guérande. Un dénommée Geuffrey de Guerrande est
mentionné dans le Livre des Ostz, rédigé en 1294 (il doit un chevalier d'ost pour tout son fief). Guérande (Garanda) apparaît dans l'Atlas de Petrus Vesconte, qui, vers 1321, dresse la carte des
côtes de France. En 1332, le domaine de Guérande est tenu par Jean de Montfort : en effet, un acte daté du 26 décembre 1332 indique que les terres "de Guerrande et de Baaz et de Saillé et
appartenances d'icelles" appartiennent à "Jehan de Bretaigne, conte de Montfort". Le territoire de Guérande est envahi en 1342 par les
troupes espagnoles de Louis d'Espagne (accompagné d'un capitaine genevois Othon Ardone), alliées de Charles de Blois contre Jean de Montfort prétendant au trône de Bretagne. Il met le siège
devant la ville de Guérande qui ne possède pas encore de remparts. Louis d'Espagne s'en empare facilement et "tua tout ce qu'il trouva dedans, ils bruslèrent ses soldats cinq églises en la
ville : dont Louis d'Espagne fut si déplaisant qu'il fist pendre et étrangler vingt cinq d'iceux. Cette ville estoit pleine de biens : et y firent les genevois et espagnols un très grand
butin (d'Argentré)". De Guérande, Louis d'Espagne marche ensuite sur le Croisic où il sème la ruine et l'incendie. Ces revers ne découragent pas Jean de Montfort qui ordonne dès 1343 à son
lieutenant Guillaume du Verger, de commencer à entourer la ville de Guérande de murailles. En août 1344, Charles de Blois vient en personne assiéger Guérande, qui se rend le 19 ou le 20 août.
Mais dès 1352, Guérande retombe à nouveau sous l'autorité de Montfort. Les traités signés en 1365 (en l'église Saint-Aubin) et en 1381 (en l'église Notre-Dame) mettent fin à cette Guerre de
Succession.
En août 1404, une flotte anglaise, sous le commandement du comte de Beaumont, paraît en vue des côtes guérandaises et y opèrent un débarquement. Les Guérandais
demandent alors du secours à Jean V (alors âgé de 15 ans) qui envoie en avant-garde le maréchal de Rieux. Le combat est court, et Beaumont est tué par Tanneguy (ou Tanguy) du Châtel ("les
documents n'ont laissé aucun renseignement sur le lieu de ce combat, mais il est à présumer que le débarquement des Anglais comme la plupart de ceux qui se font dans la région de Guérande, ont
lieu entre Pornichet et la pointe de Chemoulin, et que la rencontre des deux armées s'est faite à proximité de la ville, du côté d'Escoublac"). Au commencement de mai 1407, le flotte
anglaise reparaît en vue des côtes guérandaises et tente d'opérer un nouveau débarquement, mais elle se heurte à la résistance des vaisseaux du Croisic, sous le commandement de Jean Bouchard,
aidé de Pierre Groy, Guillot le Capitaine, Jean Colven, Pierre Le Comte. Suite à l'emprisonnement par les Clisson (Margot de Clisson et son fils) du duc Jean V à Châteaucaux, treize seigneurs de
Guérande, accompagnés de 76 compagnons partent du Croisic pour délivrer Jean V. Le duc est rendu à la liberté le 5 juillet 1420. Suite à l'emprisonnement du chancelier de Bretagne, Jean de
Malestroit, à Pouancé, Jean V, aidé des Guérandais (une petite troupe de 25 hommes d'armes et de 15 archers, sous le commandement d'Olivier de Cleuz), vient mettre le siège devant cette ville au
mois de janvier 1437. Après la mise en liberté de Jean de Malestroit, Jean V récompense les Guérandais en la personne de Jean Le Pennec, dont les descendants deviennent seigneurs de Lesnérac et
de Lauvergnac. A noter que le duc Jean V porte à Guérande un véritable intérêt. En effet, Jean V vient à Guérande en 1404 pour faire face aux Anglais, puis en février 1419 (accompagné de son
frère Richard, comte d'Estampes, et de son chancelier Jean de Malestroit, évêque de Nantes, et de l'abbé de Beaulieu). Après sa délivrance de Châteaucaux, Jean V vient de nouveau à Guérande en
octobre 1422. En septembre 1430, il passe à Guérande, ainsi qu'à la fin de mai 1439. La dernière visite de Jean V à Guérande date du mois de septembre 1441 (accompagné de ses fils Pierre et
Gilles, de l'évêque de Saint-Brieuc, et de sa suite). En 1431, Jean V fait construire l'enceinte afin de protéger la ville de Guérande.
La châtellenie de Guérande appartenait jadis en propre aux Ducs de Bretagne. Il en donnait temporairement la jouissance à des personnes de son entourage : Jeanne de
Navarre, la duchesse Isabeau d'Ecosse (veuve de Jean IV), François Ier. Cette châtellenie s'étendait sur huit paroisses : Guérande, Le Croisic, Batz ou Batz-sur-Mer, Escoublac, Saint-Lyphard,
Saint-Molf, Mesquer et Piriac.
Un couvent des Jacobins est fondé entre 1404 et 1409, par le duc Jean V : sa fondation est autorisée le 19 mars 1404
par une bulle du pape Benoît XIII et la première pierre est posée le 16 mars 1409. Le bourg va se développer autour du commerce du sel et du
vin. A partir du XVIème siècle, l'ensablement de ses sites portuaires et l'affaiblissement du sel comme monnaie d'échange lui font perdre sa puissance maritime au profit du Croisic et de
Pouliguen. Lorsque éclatent les troubles religieux du XVIème siècle, Guérande est une des premières villes évangélisées par les Huguenots. Dans la ville close, la collégiale Saint-Aubin et
Notre-Dame-la-Blanche sont des sièges de paroisses, ainsi que l'église Saint-Michel dans les faubourgs. Les autres édifices sont des chapelles. Le château est démoli en 1614. Un couvent
d'Ursulines est fondé en 1646 par la mère Marie Charette. Un hôpital ou Hôtel-Dieu est créé en 1650 par les charités publiques. Les Etats de Bretagne se tiennent à Guérande en
1625.
Pendant la Révolution, Guérande est prise par les Royalistes, le 18 mars 1793, mais ces derniers évacuent la ville presque aussitôt. Le 7 juillet 1815, Guérande est
attaquée par une division aux ordres du marquis de Coislin.
Note 1 : les pirates Normands ou Scandinaves descendent quatre fois dans le pays de Guérande, deux fois au IXème siècle, en 843 et en 853, deux fois au Xème siècle,
en 919 et en 959 ou 960. L'invasion de 919 est entre toutes la plus terrible qu'a à supporter le pays de Guérande. A partir de 936, Alain Barbe-Torte, débarqué d'Angleterre, fait contre eux une
guerre impitoyable : il les poursuit dans le comté de Nantes et les extermine à Trans, le 1er août 839. En 959/960, une flotte venant encore des pays Scandinaves fait le tour de la Bretagne,
remonte la Loire et s'empare de Nantes, où l'évêque Gautier est fait prisonnier. Ils font ensuite halte à Guérande où ils relâchent l'évêque après en avoir tiré une forte rançon. C'est la
dernière visite des Normands en Guérande.
Note 2 : le premier traité de Guérande (12 avril 1365) ratifié par le roi de France Charles V met fin à la Guerre de
Succession entre Jean IV, duc de Bretagne, comte de Montfort, et Jeanne sa cousine et comtesse de Penthièvre. La paix est proclamée dans la collégiale Saint-Aubin. Du Guesclin assiège et prend
Guérande en 1373 au nom de la France. Clisson tente de reprendre Guérande en 1379. Par la suite, un second traité de Guérande est signé le 4 avril 1381 entre le duc Jean IV et Charles VI, roi de
France, dans la chapelle Notre-Dame-la-Blanche. Le traité de Guérande, en 1365, reconnaît Jean de Montfort comme le duc de Bretagne. Jeanne de Penthièvre renonce à la couronne et doit remettre au
duc Jean IV les villes et châteaux dont ses partisans se sont emparés pendant la guerre. La succession du duché doit échoir de mâle en mâle, d'abord dans la maison de Jean IV, puis, à défaut
d'héritiers mâles, même collatéraux, dans celle de Penthièvre. Un article du traité stipule que Jeanne de Montfort, sœur du nouveau duc, épouserait Jean de Penthièvre, fils aîné de Charles de
Blois, et que Jean IV paierait, à cette occasion, 100 000 livres pour la rançon de ce prince qui, depuis 1356, se trouve prisonnier en Angleterre. Cet article n'est pas exécuté et devient, par la
suite, la source de querelles graves entre Jean IV et Olivier de Clisson, procureur de Jean de Penthièvre. Jean IV prête serment dans l'église Saint-Aubin d'observer le traité. Le traité de
Guérande est ratifié par Charles V. Le duc de Bretagne envoie vers lui Olivier de Clisson et l'Anglais Guillaume Latimer pour lui demander cette ratification. Le 22 mai 1366, les députés de Jean
IV rencontrent le Roi, et quelques jours plus tard, celui-ci signe cette ratification. Le traité de 1365 ne ramène pas la paix définitive en Bretagne. Après quelques années de tranquillité, les
fautes commises par le duc rallument les hostilités. Jean IV est contraint de quitter son pays : il s'embarque à Brest le 28 avril 1373 et se rend en Angleterre auprès d'Edouard III. La ville de
Guérande est prise en 1373 par Du Guesclin au nom du roi de France. Le duc de Lancastre prépare une expédition pour ramener Jean IV en Bretagne. Une
armée anglaise forte de 16 000 hommes débarque à Calais, avec Jean IV, à l'automne 1374. Une trêve conclue à Bruges en 1376 et la mort d'Edouard III en 1377 arrêtent momentanément les hostilités.
Mais, en 1378, la lutte reprend avec plus de violence. Le duc Jean IV débarque à Dinard le 3 août 1379. Clisson paraît devant Guérande, tenu par le capitaine Guillaume du Châtel, entre le 23 août
et le 1er septembre 1379. Une bataille a lieu en juin 1380 non loin d'Escoublac : le capitaine Guillaume du Châtel fait face avec succès à l'ennemi espagnol commandé par Louis d'Espagne. Suite au
décès de Charles V, ennemi personnel du duc de Bretagne Jean IV, Charles VI dépêche aussitôt, en 1380, à Guérande vers Jean IV des ambassadeurs : Renaut de Corbie, Anceau de Salins, les sires de
Coucy, de Rayneral et Jean de Rillé. Le 15 janvier 1381, le projet de traité est arrêté. Ce dernier Traité de Guérande (le second) est signé le 4 avril 1381 dans l'église Notre-Dame-la-Blanche de
Guérande. Ce traité est ratifié par Jean IV le 10 avril au Conseil tenu à Guérande, auquel assistent le vicomte de Rohan, l'abbé de Prières, les sires de Laval, d'Assérac, de la Feuillée, Pierre
Hattes, Maie Raguenel et André Olivier. Le même jour, 10 avril, une foule de seigneurs présents à Guérande suivent l'exemple du duc et ratifient à Notre-Dame-la-Blanche, la paix conclu avec le roi de France.
Note 3 : au commencement de la guerre de Succession, un embryon d'organisation se développe à Guérande. En 1341, le
roi d'Angleterre Edouard III, envoyant à Guérande des ordres de guerre, s'adresse non seulement au capitaine de la ville, mais aussi à la communauté. L'organisation municipale est achevée en 1451
lorsque la Communauté de ville de Guérande figure officiellement aux Etats de Bretagne en la personne d'un député (droit qui lui est concédé sous le règne de Jean V). Pour la première fois la
ville de Guérande figure en 1455 à l'assemblée provinciale, en la personne de son procureur Jean du Cellier. Les procès verbaux des Etats de 1451 indiquent les bourgeois de Guérande comme
défaillants. Avant la création des fonctions de maire, le chef de la Communauté est le procureur-syndic. Il est assisté de "miseurs" qui remplissent les fonctions financières de receveurs et de
payeurs des deniers municipaux. Vers le milieu du XVIIème siècle, la Communauté remet sa direction entre les mains d'un maire qui est choisi et élu par elle, et un édit de 1692 transforme les
fonctions de ce magistrat en office vénal. Les paroisses et sections de Guérande sont : Saillé, la Madeleine et Trescalan. Les maires de Guérande sous l'Ancien Régime sont : François Duhil, sieur
du Breil (en 1696), Guillaume Calvé, sieur de Touloc (1700), Guillaume Laragon, sieur de Kerbézo (1713), Thomas Hémery, avocat (en 1716), Le Texier, sieur de Kerhillier (1718), René Bourdic,
sieur de Guémadeuc et sénéchal des Régaires (en 1722), Mouton, sieur de Kergentil et avocat (en 1733), René Boudic, sieur de Guémadeuc (en 1734), Fournier de la Gillardais (en 1740), Gannat,
avocat (en 1744), Christophe Georgelin, sieur de la Maufredais (en 1745), Duvivier, greffier en chef de la sénéchaussée (en 1745), Gannat (en 1748), Joseph Tiffoche, sénéchal des Régaires et
subdélégué de l'Intendance de Bretagne (en 1750), Gabriel Vrignaud de Plusquepoix, alloué de la sénéchaussée et lieutenant général de police (en 1764), Tiffoche (en 1765), Belliotte de
Ville-Alain (en 1766), Gabriel Vrignaud de Plusquepoix (en 1776), Amelot (en 1779), Rouaud de la Villemartin, procureur de la sénéchaussée (en 1786). A la tête de la sénéchaussée de Guérande se
trouve Le Peley de Villeneuve. Les maires de la commune de Guérande, après la Révolution, sont : Moysen (avant 1804), Chottard (en 1804), Méresse (en 1806), de Sécillon (en 1815), Louis de
Couëssin (en 1821), Muterse de Ville-en-Blaie, Méresse (de 1833 à 1851), Jan-Kerguistel, de Morat, Fournier, de Pellan, Isle de Beauchaine, Frangeul, Emile Grazais, Fournier de Pellan, Grazais,
Le Quen, Emile Pourieux, Bigaré, Pichelin,...
Note 4 : la sénéchaussée royale de Guérande, qui date de 1365, comprend à l'origine treize paroisses : Assérac, Batz,
le Croisic, Escoublac, Guérande, Herbignac, Mesquer, Montoir, Piriac, Saint-André, Saint-Lyphard, Saint-Molf et Saint-Nazaire. La sénéchaussée est administrée par un sénéchal. Parmi ses
sénéchaux, Guérande compte des hommes remarquables dont James Le Flazne (au début du XVème siècle), et Pierre de la Bouexière (seigneur de Brantonnet) qui administre la sénéchaussée de 1706 à
1767. L'apparition des circonscriptions administratives semi-officielles, appelées "subdélégations" n'a lieu qu'au commencement du XVIIIème siècle. La ville de Guérande devient alors le siège de
l'une des subdélégations et comprend à l'origine huit paroisses : Escoublac, Guérande, Mesquer, Piriac, Saint-André, Saint-Lyphard, Saint-Molf et Saint-Nazaire. A partir de 1758, la subdélégation
de Guérande se trouve agrandie des paroisses de Donges et de Montoir (par suite de la disparition de la subdélégation de Pontchâteau). La première mention du gouvernement militaire de Guérande
apparaît en 1342, lorsque Guillaume du Verger prend le titre de lieutenant du duc et agit au nom du souverain comme chef militaire et magistrat. A noter aussi que l'institution du "papegault" est
consacrée à Guérande par des lettres du duc François II, datées de 1483.
Note 5 : au Moyen-Age, il y a, dans la paroisse de Guérande, en dehors de la ville, six frairies, dont les centres
sont à Quéniquen, Saillé, Trescalan, Careil, Clis et Congor. Puis huit autres viennent se rajouter : celle de Bogat, Lessac, Lévéno, Poissevin, Miroux, Savenac, Mouzac et Coëtpéan. A noter
l'existence d'une confrérie de Saint-Nicolas dont le siège est dans une maison de la rue Saint-Michel, près du château, et qui disparaît en 1751.
Note 6 : dès le IXème siècle, Guérande est en possession d'un hôpital. Par la suite les établissements d'assistance
se multiplient. L'Hôpital Saint-Jean ou Hôtel-Dieu (transformé par la suite en école publique) existe dès le XVIIème siècle (fondé en 1650) : il a en annexe une aumônerie ou maladrerie. L'Hôpital
Général est fondé en 1688 et établi au faubourg Saint-Michel. A cet établissement est annexé un bureau de charité.
Note 7 : l'introduction de la vigne dans le Pays de Guérande est sans doute due aux Romains. Dès le IXème siècle, il
existe autour de Guérande un vignoble renommé. Les grands clos sont plus tard ceux de Saint-Aubin, de la Motte et du Marsillé. Dès le XIVème siècle, on cultive le plant d'Aunis (le vin breton).
La culture de la vigne disparaît avec le XVIIIème siècle.
Note 8 : l'institution des foires est très ancienne à Guérande. Dès le IXème siècle, il s'en tient une en ville sur
la place de Saint-Aubin, devant l'église, et une autre à la Pierre de Congor. En 1405, Jean V en fonde une en faveur des Dominicains du monastère Saint-Yves, foire qui se tient, les 20 et 21 mai
de chaque année, au faubourg Bizienne. Il y a aussi, chaque samedi, un marché en ville qui existe dès le XIIème siècle.
Note 9 : parmi les combattants illustres du Moyen-Age, l'un se distingue particulièrement : Guillaume du Châtel
(surnommé "la Fleur des Vaillants"), seigneur de Bissin, capitaine de la ville de Guérande, à la fin du XIVème siècle. En effet, en 1380, à la
bataille d'Escoublac, il met en fuite, avec 16 guérandais seulement, un corps ennemi de 300 hommes qu'il poursuit jusqu'à Saint-Nazaire. Pierre de la Bouxière, seigneur de Guérande, qui est
sénéchal durant 61 ans de 1706 à 1767, laisse aux hôpitaux de la ville une somme de 120 000 livres.
Note 10 : l'évêque de Nantes possède dans son diocèse deux officialités siégeant : l'une à Nantes, l'autre à
Guérande. Cette dernière est au XIIIème siècle, une juridiction ecclésiastique complètement organisée et fonctionne indépendamment de celle de Nantes. La juridiction des Régaires est confiée à un
sénéchal et à un procureur fiscal ou receveur, nommés par l'évêque de Nantes. Les revenus des Régaires de Guérande sont évalués au début du XVIème siècle à "2167 livres, 10 sous en monnaie ; 420 mesures, 1 truellé et 3 quarteaux de froment ; 344 mesures de seigle ; 24 truellé d'avoine ; 13 chapons ; 19 gelines; 5
paires de gants; 285 pipes de vin ; 1100 muids de sel". Les Régaires comprend dans son ressort : "- la ville et les faubourgs avec le manoir
épiscopal et la halle; - la maison noble de Beaulieu et ses dépendances, les îles de la Motte et du Moulin, le parc Bahurel, les noës de Brantonnet, du Maupertuis et des Anguilles, le moulin à
vent de Beaulieu; - les maisons et domaine de Kerhillier; - la maison noble et la métairie de la Ville-Jame; - la maison noble de la Porte-Calon, y compris le monastère des Ursulines; - la place
des Moulins, avec ses six moulins, maisons, jardins, terre vaines et vagues; - le pré du Pont-au-Chat, situé près de l'église Saint-Armel; - le pré la noë du Corbon; - les jardins de Kermélec, où
s'élevait autrefois un manoir; - le jardin de Beausoleil; - le lieu noble du Parc; - le domaine du Petit-Kerbénet et ses dépendances; - la maison noble du Grand-Kerbénet et ses dépendances, y
compris le jardin Gicquel; - la maison noble de la Tréallaie, - 153 sillons de vigne au Clos Saint-Aubin; - 25 oeillets de marais salants dans la saline Gollandès, 8 dans Sistéro, 13 dans la
saline Floc'h, 40 dans Lescobé; - la maison de Bréhanic; - la maison noble du Pressoir-aux-Chanoines, au bout de la Rue; - la métairie de Bréhadour; - le moulin à vent de Carné, à Clis; - la
maison de Kersavary et ses dépendances". En plus de ces domaines, les Régaires comprend "- environ 220 hectares de terres morcelées dans les
paroisses de Guérande et d'Escoublac; - le quart des dîmes à l'onzième sur les grains et au seizième sur les vins et le sel dans les paroisses de Guérande, de Piriac et de Saint-Nazaire, et le
sixième de celles de Mesquer et de Saint-Molf; - la dîme d'agneau dans ces paroisses, et celle sur toutes les terres acquises par le Roi ou qui lui seraient échues par déshérence". A ces
domaines viennent s'ajouter des rentes féodales.
Note 11 : la Fabrique de l'église
Saint-Aubin possède avant la Révolution : "l'église Saint-Aubin et son cimetière qui l'entourait; - l'église Notre-Dame, celle de Saint-Michel et son
cimetière; - le cimetière de Sainte-Anne et sa chapelle; - les chapelles de la Trinité au faubourg Bizienne, et de Saint-Armel au faubourg Saint-Armel; - l'église Saint-Jean en la ville, avec
l'habitation des religieuses de l'hospice Saint-Jean, le fournil et le jardin de cet établissement; - la chapelle du bourg de la Madeleine, celle de Sainte-Catherine, de Clis, de Notre-Dame, de
Brandu, de Saint-Louis et Saint-Clair, de Saillé, de Saint-Jacques et Saint-Eutrope, de Bréca, avec droit de place, dans tous ces monuments, des troncs destinés à recevoir l'offrande des
fidèles". Elle possède, de plus, en la ville de Guérande, "le droit de tenir des étaux et boutiques devant l'église Saint-Aubin, le long du
cimetière, ainsi que devant les halles; quelques rentes, et 231 œillets de marais salants". Les revenus s'élèvent en moyenne à 9000 livres et ses charges sont supérieures d'environ 1000
livres, passif soldé par des dons des fidèles et des seigneurs.
Note 12 : la première "montre" de 1425
est passée à Guérande par Jean de Muzillac, seigneur de Trévali. Ce dernier, capitaine de la ville de Guérande et à la tête de 200 hommes recrutés en grande partie dans la région guérandaise,
vient au secours du roi Charles VII à Bordeaux en octobre 1453. Le 5 mai 1467, Alain de la Roche passe à Guérande la revue de tous les miliciens de l'évêché de Guérande. Le 19 avril 1469, Jean
Chauvin, seigneur de l'Eperonnière, passe à Pontchâteau la revue des miliciens guérandais. En 1470, des seigneurs bretons mécontents et gagnés par le roi de France, abandonnent le duc breton
François II : Tanneguy du Châtel, grans-maître d'hôtel du duc, se fait l'instigateur de cette trahison et entraîne à la cour de Louis XI des seigneurs comme Jean de Rohan. A noter que deux
gentilshommes guérandais participent à ce complot, Jean de Bogat et Jean de Quilfistre. Les conjurés quittent la Bretagne au mois d'avril 1470. En 1474, une montre est tenue à Pontchâteau par
Roland de Rostrenen et Robert l'Espervier. Le 24 juin 1481, François II délègue le sieur de Vigneuc pour passer en revue les troupes guérandaises. Le 7 avril 1484, des Guérandais adhérent à une
conspiration contre François II et son trésorier Pierre Landais : Jean de Trévéar, Guillaume de Tréguz, Jean et Guillaume du Cleuz. Une ordonnance de François II, datée du 21 mai 1484, les
déclare félons et prescrit la démolition de leurs châteaux.
Note 13 : c'est Coligny, seigneur
d'Andelot, qui introduit, en son château de la Bréteché et à la Roche-Bernard, la religion réformée. En peu de temps, dans le pays de Guérande, et particulièrement au Croisic et à Piriac, le
Protestantisme fait des progrès rapides. La Réforme trouve ses premiers adeptes, parmi les nobles : les Tournemine (barons de Campzillon), les du Bouays de Baulac (seigneurs de Careil), les
Jollan des Roches, de Montbarrot, Aubin de Trémondet, de Branzay, Le Gentilhomme de Kervaudu, de Tréméreuc, de Couëdo, Yviquel de la Grée, Yviquel de Saint-Goustan, de Gennes, Groy, Bouchart, etc
.... En 1558, deux pasteurs Jean Carmel, dit Fleury, et Pierre Loiseleur, dit Villier, seigneur de Westhoven, commencent leurs prédications dans l'église Notre-Dame de Pitié. Fleury devient
l'hôte de M. de Baulac, seigneur de Careil, et habite le château dès le 17 mai 1558. Loiseleur fonde l'église réformée du Croisic et fait à Batz-sur-Mer plusieurs prédications dans la chapelle
des Muriers. L'édit de janvier 1562 accorde aux Protestants la liberté du culte. Ceux du pays de Guérande s'empressent alors d'envoyer chercher un des leurs compatriotes, François Baron,
originaire de Piriac qui avait fait ses études théologiques à Genève. Ce dernier établit sa résidence au Croisic, d'où il assure le service des églises de Guérande et de Piriac. Au mois d'avril
1562, Jean du Bouays (ou Boays), seigneur de Baulac et de Careil, fait procéder dans l'église Saint-Michel de Guérande au baptême d'une de ses filles par le ministre du culte réformée. En janvier
1563, le ministre du culte, Lecoq, vient s'installer à Guérande et se trouve en lutte avec les Dominicains et le Chapitre de la Collégiale de Saint-Aubin. Lecoq est remplacé par le pasteur Jean
Boisscul, qui quitte Guérande en 1566 pour aller au Croisic, prendre la place de François Baron. Après de longues luttes, les réformés de Guérande obtiennent, en 1602, l'autorisation de faire
construire un temple au village de Clis (temple qui sera finalement jamais édifié) et d'y établir un cimetière, car jusque là ils avaient utilisé pour leur culte, l'église Saint-Michel de
Guérande. De 1600 à 1644, les Protestants de Guérande ne sont pas inquiétés. Le culte cesse d'être exercé au Croisic, le jour où un arrêt du Conseil du 5 avril 1644 vient interdire aux
protestants de "faire aucun exercice public de leur religion en la dite ville du Croisic". En 1655, le culte réformé sur le territoire de la sénéchaussée de Guérande est interdit. En
1763, le subdélégué de Guérande affirme à l'intendant de Bretagne qu'il n'y a plus de protestants dans sa circonscription.
Note 14 : pour solder les frais des
guerres désastreuses, il faut beaucoup d'argent, et les caisses de l'Etat sont vides. Le jour même où se livre le combat en rade du Croisic, le 20 novembre 1759, le Ministre, comte de
Saint-Florentin, ordonne de dresser, dans toutes les églises, un inventaire des objets d'argent susceptibles d'être convertis en monnaie. A Guérande, c'est un nommé Fournet, qui s'occupe de cette
besogne. La Collégiale lui fournit "six petits chandeliers montés en fer, une lampe et deux tableaux couverts d'une feuille d'argent, deux burettes, deux lanternes, une petite clochette, une
lampe et un bénitier.". Au couvent des Dominicains du faubourg Bizienne, il trouve, "outre les vases sacrés, deux burettes et un petit bénitier". Chez les Ursulines, "une petite
lampe". Dans les églises de Batz-sur-Mer et du Croisic, il relève quatre petites statues de saints en forme de reliquaire, recouvertes de feuilles d'argent. Dans celle d'Escoublac deux
burettes très minces. Dans celle d'Herbignac une lampe. Mesquer, Piriac-sur-Mer, Saint-Molf, Saint-André, Assérac et Saint-Lyphard ne présentent aucun objet d'argent. Il en est de même des
Capucins du Croisic.
Note 15 : durant les guerres de la
Ligue, le point de concentration des troupes du duc de Mercoeur dans le pays de Guérande se trouve au château de Ranrouët, où Jean de Rieux, marquis d'Assérac s'était fortifié avec l'aide de
Guillaume de Bouexic, chef d'une compagnie de 50 arquebusiers français. La garnison de Ranrouët se livre à diverses incursions dans le pays de Guérande. Le château de Careil, qui appartient à une
famille protestante, est pris et pillé, en 1589, par une petite armée sous les ordres du capitaine de Cleuz. En 1590, l'arrivée du capitaine Grésil de la Tremblaye est le signal de pillages et de
brigandages sanglants. Pour résister à ces brigands, Guérande a quelques pièces d'artillerie, une compagnie de 80 arquebusiers, envoyée par Mercoeur, sous le commandement du capitaine Dupé
d'Orvault, une autre compagnie de 25 arquebusiers et 15 chevaux-légers sous les ordres de M. de Kergus. Après le départ de La Tremblaye qui n'a pu s'emparer de la ville de Guérande, les troupes
de Mercoeur s'emparent du château de Campzillon, appartenant à la famille de Tournemine. Ce château avait été reconstruit en 1569, par Pierre Tournemine, à la place d'une ancienne citadelle
détruite avant l'an 1540. Campzillon est pris sans résistance et brûlé en octobre 1590. La Ligue se termine en Bretagne en 1598, mais l'on vit encore dans le pays de Guérande le recrutement,
ordonné par Louis XIII, le 11 septembre 1628, de 100 marins pour compléter les équipages des vaisseaux destinés au siège de La Rochelle.
Note 16 : un édit de juillet 1661 (mais
enregistré que le 1er mars 1663) ordonne de lever en Bretagne un impôt annuel de 3000 livres pour l'entretien d'une garnison à Guérande et d'une autre au château du Croisic. En 1692, sont formées
des milices garde-côtes, suivie d'une réorganisation en 1726. Une nouvelle organisation a lieu en 1732. Sous le nom de Capitainerie de Guérande, on regroupe les paroisses de Guérande, qui
comprend alors la Turballe et Trescalan, le Pouliguen, Batz-sur-Mer et la pointe de Chemoulin. La Capitainerie du Croisic regroupe toutes les paroisses comprises entre Nivillac, La Roche-Bernard
et Piriac-sur-Mer. La Capitainerie de Saint-Nazaire s'étend au Sud de la Loire. Ces trois Capitaineries composent le Bataillon de Guérande. Le 13 octobre 1746, une flottille de 45 vaisseaux
anglais apparaît en vue du Croisic. Le 28 avril 1747, est établie une "disposition générale pour la défense des côtes de la province de Bretagne". En fait de soldats, il y a dans la
Capitainerie de Guérande 1 900 hommes inscrits aux milices, dont 300 seulement en service réel formant trois compagnies casernées dans la ville de Guérande. La Capitainerie du Croisic possède 2
598 hommes, dont 350 groupés en compagnies détachées. Elle a dans son étendue neuf corps de garde établis au Castelli, à Piriac-sur-Mer, à Kervagarec, à Beaulieu de Mesquer, au Bil, à Loscolo, à
Pénestin, à Tréhiguier et à La Roche-Bernard. A partir de 1755, la Capitainerie de Guérande reçoit pour commandant M. de Pellan, pour lieutenant M. Le Chauff, pour major M. de La Bourdonnaye, et
pour aide-major M. de Courson.
Note 17 : liste non exhaustive des
responsables ou maires de la commune de Guérande : Calvé de Touloc (en 1700), Laragon (en 1713), Le Texier (en 1718), René Bourdic de Guémadeuc (en 1722), Mouton (en 1733), Duvivier (en 1745),
Tiffoche (en 1750), Vrignaud de Plusquepoix (en 1764), Belliotte de Ville-Alain (en 1766), Rouaud de Villemartin (en 1786), Moysen ou Moysan ou Moisan (avant 1804), Chottard (en 1804), Méresse
(en 1806), de Sécillon (en 1815), Louis de Couëssin (en 1821), Muterse de Ville en Blaie, Méresse (de 1833 à 1851), Jan-Kerguistel, de Morat, Fournier, de Pellan, Isle de Beauchaine, Frangeul,
Emile Grazais, Fournier de Pellan, Le Quen, Emile Pourieux, Bigaré, Pichelin, ....
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