Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 16:45

Saint-Molf vient du patronyme irlandais "Maidulphus", moine irlandais, fondateur du couvent de Malmesbury. Son nom est ensuite orthographié Maiduff puis Saint-Molf.

Le village primitif de Saint-Molf est fondé par saint Germain l'Auxerrois, entre 430 et 448, lors de son évangélisation de la Bretagne. Le culte de saint Molf, apporté par les Bretons, s'est juxtaposé à celui de saint Germain. La première église, construite par saint Germain, abrite alors le culte des deux saints. L'élément gallo-romain ayant presque disparu ou du moins se trouvant noyé dans la population bretonne, le culte de son saint passe alors au second rang. On construit ensuite une nouvelle église sous l'invocation unique de saint Molf. Cependant l'église primitive de Saint-Molf persiste sous le vocable de Saint Germain, comme chapelle accessoire du cimetière qui, suivant l'usage, était établi autour d'elle. 

La haute justice du marquisat de Becdelièvre s'exerçait au bourg de Saint-Molf : là se trouvaient ses ceps et collier pour punir les malfaiteurs, son auditoire et sa prison. 

PATRIMOINE de SAINT-MOLF

 

l'église Saint-Molf (1850-1851). Cette église remplace une ancienne église déclarée insalubre en 1846. Le marquis de Becdelièvre avait toutes les prééminences dans l'ancienne église de Saint-Molf. La reconstruction est due à l'initiative de Léon Biré (1805-1880), curé de Saint-André-des-Eaux de 1834 à 1870. On y trouve une statue en bois de Saint Molf (moine irlandais, fondateur du couvent de Malmesbury). La peinture sur bois sculpté intitulée "Agonie" et qui représente le Christ au jardin des Oliviers, date du XVIIème siècle ;

 

la chapelle Saint-Germain (1875-1880), édifiée en remplacement d'une ancienne chapelle dédiée à saint Germain. Il s'agit à l'origine d'une église entourée d'un cimetière. Ni l'église, ni le cimetière ne subsistent aujourd'hui. Le porche est celui de l'ancien édifice. Le retable date du XVII-XVIIIème siècle et provient de l'ancienne église. Le vitrail, qui représente saint Molf, date du XIXème siècle. On y voit une statue, en bois polychrome, de saint Corneille (patron des bêtes à cornes) ;

 

la chapelle (XVIIIème siècle) de l'ancien manoir de Kerguenec ;

 

la croix de Trébrézan (Moyen Age), restaurée en 1958 ;

 

la croix (1852), située au Pont-Clin ;

 

l'ancienne maison seigneuriale (XV-XVIème siècle). Elle aurait été construite en 1411. On y trouve les armes de la famille Deno. L'édifice a servi de presbytère de 1550 à 1956 ;

 

le manoir de Kerguenec (1730), édifié par la famille Le Chauff. A la suite du don du manoir de Mme Le Chauff à l'évêché, l'école ménagère de Guérande s'y installe en 1951 ;

 

le manoir de Quifistre ou Quilfistre (XIXème siècle), édifié par la famille Dion à l'emplacement d'un ancien château. Seules subsistent les innombrables coquilles d'huîtres fossilisées au pied du château de Quifistre auquel elles ont donné son nom : " Quitistre " veut dire " banc d'huîtres " en breton. Quifistre (ou Quilfistre) faisait jadis partie de la baronnie de La Roche-Bernard. Il conserve sa chapelle privée et son moulin (le Kerhue). On prétend qu'un souterrain aurait relié jadis le manoir de Faugaret (à Assérac) au château de Quifistre ;  

Note : Le 10 juin 1400, décéda Olivier de Quilfistre, seigneur dudit lieu ; son fils Jean de Quilfistre lui succéda. Mais la seigneurie passa bientôt aux mains de Riou de Rosmadec, sire dudit lieu, qui mourut en 1480, laissant une veuve Jeanne du Juch et un fils nommé comme lui Riou de Rosmadec qui décéda lui-même le 24 mai 1496 (Archives de Loire Inférieure, Saint-Molf).
Marie de Rosmadec, en épousant Jean de Malestroit, seigneur de Pontcallec, lui apporta la seigneurie de Quilfistre ; elle mourut en 1508. L'année suivante Jean de Malestroit, son fils, fournit au roi le minu de cette châtellenie. Mais Quilfistre revint aux Rosmadec car en 1570 Marc de Rosmadec, sire de Pontcroix, et Jeanne de Montbourcher sa femme firent hommage au roi pour cette terre. Mme de Rosmadec étant morte en 1580 eut pour héritier Jean Papin, seigneur de la Thévinière en Anjou, descendant de René Papin mari d'Anne de Malestroit. Jean Papin rendit aveu au roi pour Quilfistre en 1581 et lui prêta hommage trois ans plus tard ; mais en 1624 il vendit cette châtellenie à Prégent de Kermeno, gouverneur de Guérande. Vint ensuite Pierre de Kermeno seigneur de Quilfistre en 1640 et décédé le 9 mai 1656. Le frère et héritier de ce dernier Guillaume de Kermeno vendit à son tour la châtellenie de Quilfistre, le 4 novembre 1672, à. Hilarion de Sesmaisons, seigneur de Trévaly. Celui-ci rendit aveu en 1680 et 1702 pour cette seigneurie qui échut après lui à sa parente Mme de Becdelièvre.

 

3 moulins dont le Petit Moulin, le Grand-Moulin et Bolas. Le moulin Marchand (XVIIIème siècle) est situé à Gouer ;

A signaler aussi :

 

la fontaine Saint-Venant, située à Brohogand ;

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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 16:42

Saint-André-des-Eaux vient, semble-t-il, du nom d'une ancienne chapelle ayant appartenu à une léproserie et placée sous le vocable de saint André.

Au Xème siècle, le territoire de Saint-André-des-Eaux dépend de la vicomté de Donges. La maison de Donges s'est fondue, au XIIIème siècle, dans Blain d'où la vicomté de Donges passe aux Rochefort puis aux Rieux d'Assérac. Elle est vendue, en 1860, aux Lopriac qui la transmettent par alliance aux Kerhoënt. Lors de l'énumération des biens constituant le domaine de Donges en 1683 et 1705, il est précisé : « sont les hommes de la vicomté de Donges en possession de prendre des mottes pour chauffage et litières et faire paître leurs bestiaux, sans pouvoir en estre empeschés, dans les marais de Montoir compris entre les paroisses de Pontchâteau, Crossac, Herbignac, Saint-Lyphard, Saint-André et Saint-Nazaire ».

Suite au mariage de Charles de Coësmes avec Marguerite, sœur du vicomte de Saint-Nazaire, le territoire de Saint-André-des-Eaux passe dans la Vicomté de Saint-Nazaire. La haute juridiction de Saint-Nazaire comprenait alors la grande paroisse de ce nom et une partie des paroisses voisines : Montoir, Escoublac et Saint-André-des-Eaux. Cette juridiction s'exerçait à Saint-Nazaire dans l'auditoire joignant le cimetière de l'église paroissiale, « sous laquelle auditoire sont les prisons » (Déclaration de Saint-Nazaire en 1673). Les fourches patibulaires se composaient de quatre piliers.

Au XIVème siècle, Guillaume de Saint-André prend part à la guerre de Succession de Bretagne. En 1634, René de Kerpoisson devient propriétaire de la seigneurie de Saint-André.

La maison seigneuriale était le château d'Ust. Ust jouissait d'une haute justice exercée au bourg de Saint-André-des-Eaux et s'étendant dans les trois paroisses de Saint-André-des-Eaux, Saint-Nazaire et Guérande. Ses principaux fiefs étaient ceux d'Ust, de Saint-André(-des-Eaux) et des Cleuz.Les autres maisons nobles étaient le château Lou (qui était en 1394, à Jean du Branguen) et le château de Saindenac (qui appartenait, en 1533, à Adrien du Vergier).

PATRIMOINE de SAINT-ANDRE-DES-EAUX

 

l'église (1875-1878), œuvre de l'architecte Henri Gilée. Cette église remplace un ancien sanctuaire qui fut considéré comme paroisse en 1476. Le vicomte de Saint-Nazaire était seigneur supérieur et fondateur et prééminencier de l'église paroissiale de Saint-André-des-Eaux et de la chapelle Notre-Dame audit bourg. Le sire d'Ust jouissait jadis aussi des prééminences, armoiries, banc et enfeu dans l'église paroissiale de Saint-André-des-Eaux ; il avait également des « tombes et enfeu » dans l'ancienne chapelle Notre-Dame au bourg de Saint-André-des-Eaux. Le clocher est construit en 1937. Le maître-autel est orné d'un bas-relief représentant saint Pierre et saint Paul ;

 

la chapelle (XVIII-XIXème siècle) du manoir de La Ville-Savary. C'est ici que repose Gabriel Le Bras (1891-1970) ;

 

la croix (XVème siècle), située à La Ville-au-Jau ;

 

l'ancien manoir (XVIème siècle), situé à Bauvran ;

 A signaler aussi :

 

la chaumière briéronne (XVIIIème siècle), située à Bilac ;

 

ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-ANDRE-DES-EAUX

« Au bord du littoral de l'ancien comté nantais, dans cette presqu'île guérandaise, jadis si féconde en vaillants chevaliers, s'élevait au XIVème siècle, en la paroisse de Saint-André-des-Eaux, le vieux château d'Ust, berceau de l'ancienne famille chevaleresque de ce nom ». Cette famille remontait à Olivier d'Ust vivant en 1336 ; vint ensuite Jean Ier d'Ust qui rendit aveu au duc de Bretagne vers 1380 et scella en 1392 un acte de son sceau portant : de sable fretté d'argent de six pièces. Ce Jean d'Ust, seigneur dudit lieu, fut chambellan du duc Jean V et mourut vers 1421. Son fils, Jean II d'Ust, lui succéda et épousa avant 1439 Marguerite Levesque, dame du Molant ; ils vivaient encore en 1455, mais en 1461 Jean II était mort, car son fils François d'Ust rendit aveu pour sa châtellenie d'Ust, le 18 avril de cette année-là ; quant à Marguerite Levesque, elle décéda le 20 janvier 1464 (Archives de Loire Inférieure, B, Guérande, 38). François d'Ust, sire dudit lieu, mourut lui-même le 9 mai 1483, laissant ses seigneuries à son fils, Jean III d'Ust, seigneur d'Ust et du Molant. Celui-ci épousa Guyonne de la Bintinaye, fille du seigneur de la Grignonnaye, et mourut en janvier 1518. Olivier d'Ust lui succéda, fit aveu en avril 1518 et contribua généreusement en 1530 à la construction de l'église des Dominicains à Guérande (Archives de Loire Inférieure, H296). Ce seigneur fut remplacé à Ust par Jean IV d'Ust, qui s'unit à Marguerite Lenfant et décéda le 1er mars 1558. Jean IV sire d'Ust ne laissait que deux filles Jeanne et Françoise. Nous trouvons l'aînée, Jeanne d'Ust, épouse : -1° en 1559 de Jacques de Champaigné, seigneur de la Montagne, -2° en 1574 de François Perrault, seigneur de la Fontaine, -3° en 1601 de Jean de la Bourdonnaye, seigneur de Braz. De ses trois unions cette dame ne laissa point d'enfants, aussi adopta-t-elle pour son héritier présomptif son neveu Jacques du Boberil, fils de sa soeur Françoise d'Ust qui avait épousé en 1562 Vincent de Boberil, seigneur dudit lieu. Jacques de Boberil succéda à sa tante en 1810 et fut tout à la fois seigneur du Boberil, d'Ust et du Molant ; il fit hommage, le 14 juin 1617, pour sa châtellenie d'Ust (Archives de Loire Inférieure, B1014). De son union avec Marguerite de Coëtogon il laissa, en mourant vers 1614, un fils, Jean de Boberil, qui rendit aveu pour la terre d'Ust en 1618. Mais Jean de Boberil, marié dès 1609 à Hélène du Bouexic, ne conserva pas Ust ; par contrat du 7 août 1626, il vendit cette châtellenie à René de Kerpoisson, seigneur de Trevenegat, et à Louise de Goësbriant sa femme (Archives de Loire Inférieure, G564). Ceux-ci eurent un fils, autre René de Kerpoisson, qui fut à son tour seigneur d'Ust et laissa cette châtellenie à sa fille Louise. Louise de Kerpoisson épousa d'abord Pierre Bonnier, seigneur de Launay et gouverneur de Guérande, et lui apporta la seigneurie d'Ust pour laquelle ils firent aveu au roi le 3 mai 1879 (Archives de Loire Inférieure, B, Guérande, 65). Elle se trouvait en 1696 remariée à Maurice Avril, seigneur de la Chauvière et conseiller au Parlement de Bretagne, qui mourut le 28 octobre 1728. De ce second mariage était né un fils nommé comme son père ; Maurice Avril, seigneur de la Chauvière et d'Ust, rendit aveu le 28 octobre 1730 pour cette dernière seigneurie ; il décéda en janvier 1748, laissant veuve Marie-Josèphe du Chastel. Son fils, Anne-Camille Avril hérita de la châtellenie d'Ust, mais dut la vendre peu de temps après à Julie Le Pennec, veuve de Charles de Sesmaisons, seigneur dudit lieu. Mme de Sesmaisons mourut dès le 28 décembre 1749 ; la châtellenie d'Ust échut alors à son fils Claude-François, marquis de Sesmaisons, marié en 1743 à Marie-Gabrielle de la Fontaine-Sollart ; ce seigneur décéda en 1779. Claude-François-Donatien, comte de Sesmaisons, fils. des précédents, fut le dernier seigneur d'Ust ; il avait épousé en 1778 Renée de Goyon de Vaudurant et il mourut en 1804.

La seigneurie d'Ust est qualifiée châtellenie dans les aveux rendus aux ducs de Bretagne au XVème siècle et aux rois de France au XVIème siècle ; mais dans sa déclaration en 1679 elle ne porte point cette qualification qui reparaît de nouveau dans l'aveu de 1730. Elle relevait directement du domaine ducal de Guérande.
Ust jouissait d'une haute justice exercée au bourg de Saint-André-des-Eaux et s'étendant dans les trois paroisses de Saint-André-des-Eaux, Saint-Nazaire et Guérande. Ses principaux fiefs étaient ceux d'Ust, de Saint-André(-des-Eaux) et des Cleuz. Parmi les droits féodaux appartenant au seigneur d'Ust notons celui de « philiponage » consistant à « prendre une robe ou cinq sols des hommes et femmes mourant estagers en les proche et arrière fiefs de la juridiction » ; — le droit d'exiger de certains vassaux soit « une paire de gants blancs », soit un certain nombre de lamproies, etc. (Déclaration d'Ust en 1679).

Le sire d'Ust jouissait des prééminences, armoiries, banc et enfeu dans l'église paroissiale de Saint-André-des-Eaux ; il avait également des « tombes et enfeu » dans la chapelle Notre-Dame au bourg de Saint-André-des-Eaux et dans l'église conventuelle Saint-Yves appartenant aux dominicains de Guérande. Enfin il présentait les chapellenies de Saint-Vincent du Quisio et de Saint-Jacques des Rivières, desservies dans la chapelle de son manoir d'Ust (Déclaration d'Ust en 1679).

Les mouvances de la châtellenie d'Ust étaient assez nombreuses : les principales étaient les seigneuries de Kerpoisson, de Ranlieu, de Trévecar, de Coëtcas, Saint-Denac, etc. (Déclaration d'Ust en 1730).

Le domaine proche d'Ust renfermait plusieurs métairies qui lui donnaient de l'importance. C'était d'abord le manoir d'Ust avec sa chapelle, son colombier, ses jardins, étang, bois futaie et vignes, le tout contenant 120 journaux, — plusieurs bois taillis — des moulins à vent en Saint-André-des-Eaux et en Saint-Nazaire — plusieurs salines à Saillé — les anciens manoirs de la Ville-Savary, de Trevenegat et de Kerfrézou enfin les métairies nobles d'Ust, la Ville-Rouaud, Péhant, la Ville-Josse, le Bois de Merlan, Kerfrézou, Beauvran, Pontbihan, Keroland, Villeco, le Bilo, Tréhé et le Groschesne (Déclaration d'Ust en 1730).
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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 16:39

Piriac-sur-Mer vient du patronyme breton Guiriac'h, Waroc'h, premier conquérant de Piriac-sur-Mer. Piriac est un des ports les plus anciens de la presqu'île guérandaise qui occupe aussi l'extrémité d'une pointe avancée : de là, pour certains historiens, son nom primitif Pen Keriac devenu Pen-Heriac, Pihyriac et Piriac. 

Piriac-sur-Mer est une ancienne ville qui n'occupait pas l'emplacement du bourg actuel, mais une partie recouverte actuellement par la mer. Autrefois, d'ailleurs, l'île du Met, à 5 kilomètre, était reliée, croit-on, à la terre. Dans l'île du Met, on voit encore les restes du fort de Ré, construit en 1755, puis détruit par les Anglais.

La création de Piriac-sur-Mer est attribuée traditionnellement à Waroc'h qui crée sur le territoire de Piriac-sur-Mer un poste avancé pour conquérir le pays de Nantes, au VIème siècle. Erispéon, puis Salomon, le roi de Bretagne, sont les successeurs de Waroch. Erispéon concède aux bénédictins de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon tout un village Bronbudien situé in plebe Keriac. Salomon, qui confirme cette donation par un acte daté du palais Barech, le 8 juin 861, fait don de toutes ses terres à l'abbaye Saint-Sauveur de Redon. Les moines possèdent encore, en Penceriac, le village de Granbudgen, de Bram (Grain), Terveres (Ternevé), Bron-Malin, Brondui (Brandu) et Guerven (Kervin). Le nom de cette paroisse s'écrivait Penseriac au IXème siècle.

Piriac-sur-Mer (Piriac) est mentionné dans une charte de 1081, par laquelle un certain Kawaladrat donne au bénédictins de l'abbaye de Redon seize sillons de vigne. Durant les guerres de Religion, Piriac-sur-Mer devient avec Careil et Le Croisic, l'un des fiefs du protestantisme. En effet, au XVIème siècle, Piriac-sur-Mer comptent de nombreux calvinistes et leur prêche se trouve en 1563 dans l'église paroissiale. En 1564, par lettres royales, Piriac-sur-Mer est uni à la juridiction de Guérande. En 1590, Piriac-sur-Mer reçoit une garnison de 4 500 Espagnols, destinés à maintenir ses habitants sous le joug de Mercoeur.

En 1759, lors de la bataille des Cardinaux, la flotte de Louis XV est détruite par les Anglais. La flotte française était commandée par le maréchal de Conflans, vice-amiral de France. Elle comprenait 21 vaisseaux de ligne et 5 frégates, dont Le Formidable, le Soleil Royal, le Héros, le Juste, le Glorieux, le Robuste, le Brillant, l'Eveillé, Sphinx, Dragon, Bizarre, Inflexible. Chacun de ces vaisseaux avait au moins 64 canons. Les 5 frégates avaient de 16 à 32 canons. L'escadre anglaise de l'amiral Hawke comprenait 45 vaisseaux et avait une supériorité évidente ("le Formidable fut bientôt entre leurs mains, le Héros fut brûlé au moment où il s'échouait à la pointe du Croisic. Deux autres vaisseaux furent coulés, et nul parmi leurs équipages ne put se sauver. Le Juste, criblé de coups de canons, put gagner la Loire avec 150 hommes. Sept autres vaisseaux et quatre frégates se retirèrent dans la Vilaine et allèrent s'échouer à Vieille-Roche : ceux-ci furent quelques temps après amenés à la Roche-Bernard et réparés dans les chantiers de ce port. Le Soleil-Royal restait seul. Gravement endommagé, il essaya une résistance suprême : acculé vers la côte du Croisic, il alla donner sur les rochers de Saint-Goustan. L'amiral de Conflans, qui était à bord, refusa de se rendre, et, comme toute résistance était impossible, il fit sauter le navire".

Piriac-sur-Mer dépendait jadis de la baronnie de Campzillon. Le territoire de Piriac-sur-Mer appartenait donc d'abord comme cette grande seigneurie, aux sires de la Roche, de Lohéac, de Montfort et de Laval. Châtellenie d'ancienneté, qualifiée de baronnie à partir du XVIème siècle, Campzillon relevait dès 1458 directement du duc de Bretagne. Cette seigneurie s'étendait en cinq paroisses : Mesquer, Piriac-sur-Mer, Guérande, Batz et Saint-Molf. Elle fut détachée de la baronnie de la Roche Bernard en 1424. Guy XIII, comte de Laval, avait donné ce territoire en dot à sa fille Jeanne de Laval, à l'occasion de son mariage avec Louis de Bourbon-Vendôme. Elle tenait son nom du château de Campzillon, siège de la baronnie, construit en 1569 par Pierre de Tournemine à la place d'une citadelle détruite en 1540 (dès 1540, on ne voyait plus que «l'emplacement des vieilles murailles dudit chasteau ruisné depuis longtemps et hors de mémoire de personne». Au milieu du XVIème siècle, Pierre Tournemine augmenta l'importance de Campzillon en y annexant la seigneurie de Kerjean en Piriac-sur-Mer qu'il acheta des héritiers de feu Jean Pineau (Déclaration de Campzillon en 1581). Lors des guerres de Religion, le château de Campzillon est brûlé en 1590 par les troupes espagnoles venues soutenir le duc de Mercoeur. Le siège de la seigneurie est alors transféré à Piriac-sur-Mer au château de Kerjean. La haute justice de Campzillon comprenait le Grand fief de ce nom et neuf tenues moins importantes ; elle s'exerçait au bourg de Piriac où se trouvaient ses ceps et collier, son auditoire et sa prison ; c'était aussi en Piriac que s'élevaient les fourches patibulaires de la baronnie "à six posts", selon l'aveu de 1572. 

Note 1 : Au XIXème siècle, Piriac-sur-Mer doit son essor grâce à sa mine d'étain et à ses conserveries de sardines. Une mine est ouverte, en 1813, près de la pointe de Castelli, et non loin de Penhareng.

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de Piriac-sur-Mer : De Rohan Sevestre (en 1495), Charlot de Franchevill (de 1560 à 1573), Ribber, Guillaume Georges, Olivier Braud, Guillaume Audren, Bertrand, Rado, Marc Spadine, J. Davy, René Dupont, Raoul Esnaud, Bernard, Guy Bouvier, Gabriel Edenin, Pierre Landays, Pierre Jégo (de 1712 à 1728), Ignace Guillaume (de 1729 à 1779), docteur en Théologie et ancien précepteur du duc de Penthièvre, Charles Guillaume, neveu du précédent (de 1779 à 1790), G. Goubaud (en 1790), Christophe Glais (de 1791 à 1803) le curé constitutionnel, Sohier (de 1803 à 1832), Coujeon François (de 1832 à 1846), Aubert Pierre (de 1846 à 1852), Huet Joseph-Marie (de 1852 à 1868), Cormerais (de 1868 à 1870), Guilbaud (de 1870 à 1874), Bernard (de 1874 à 1878), Sérot (de 1878 à 1889),  Guichard (de 1889 à 1919), Ménoret (de 1919 à 1930), Coyaud (de 1930 à 1942), Loie (de 1942 à 1947), Pichon (de 1947 à 1978).




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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 16:35

ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GUERANDE

Guérande vient du breton ancien "uuenrann" (pays blanc). Ce qui équivaut à "Guer-rann" (région blanche) dans le Cartulaire de Redon. "Uuen" peut aussi exprimer un caractère "sacré" et aurait un lien avec la présence d'une église et de saint Aubin (dont le pays de Guérande est un des lieux retenus pour la naissance du saint).  Ainsi "Uuenrann" désignerait-il le "Pays d'Aubin". Il semble qu'à l'origine Guérande s'appelait "Grannona". Les Romains avaient établi dans la région une garnison militaire.

Il n'est pas parlé de Guérande avant l'an 448, où l'on dit que les Romains en sont chassés par les Armoricains, sous la conduite de saint Germain-l'Auxerois. Les Romains reprennent le territoire quelques temps après, et l'on assure qu'ils y ont construit une forteresse appelée Grannone, vers l'an 470. Les romains avaient encore une garnison à Grannone, en 497. La création de la paroisse de Guérande est traditionnellement attribuée à Waroc'h (577-594), fils de Macliau et prince de Vannes, qui aurait édifié un baptistère à l'emplacement du chœur de la collégiale. Guérande était à l'origine une paroisse primitive et englobait les communes actuelles de Batz-sur-Mer, Le Pouliguen, Le Croisic qui au bas Moyen Age ne formaient qu'une seule paroisse, Saint-Lyphard et vraisemblablement Saint-Molf et Mesquer.

L'évêque de Nantes, Actard, ayant déplu au comte breton Nominoë, ce "vicus" qui avait été créé, semble-t-il, au moment de la translation du sarcophage de saint Aubin en 556 (des reliques de saint Aubin y sont attestées en 854), devient vers 848 le siège d'un évêché temporaire, puis bénéficie de la fondation, attribuée au roi de Bretagne Salomon (857-874), d'un collège de chanoine. En effet au IXème siècle, l'intrus Gislard (ou Gilard), chassé de Nantes par l'évêque légitime Actard, s'établit en 846 à Guérande au lieu-dit "Aula Quiriaca" et parvient à maintenir sous sa juridiction toute la partie du diocèse qui forma plus tard l'archidiaconé de La Mée vers 857. A la mort de Gilard, en 895, la Mée est réunie à l'évêché de Nantes, sous le nom d'archidiaconé. Le palais épiscopal, qui se trouvait jadis rue de l'Evêché, a été démoli en 1680, à la requête de l'évêque de Nantes, Gilles Jean François de Beauveau (ou Beauvau). 

Au IXème siècle, à partir de 853, les Normands ont leur cantonnement dans l'île Botty en Loire et font plusieurs expéditions dans la presqu'île de Guérande en 843 et en 853. En 854, le comte de Vannes, Pascweten, gendre du roi Salomon (en breton Salaun), qui habite assez souvent l'ancienne villa gallo-romaine de Clis (entre Guérande et la Turballe), fait don aux religieux de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon de terrains, ou mieux de bôles sis à Guérande, au lieu-dit Broneril, pour établir des salines. L'abbaye acquiert dans l'île de Batz-sur-Mer, la saline Maorem, vendue dix sous par son propriétaire Salw, puis successivement les salines de Chaw, de la Mée et de Salin Cron.

Au tout début du Xème siècle, les habitants de Guérande réussissent à repousser les armées normandes (une flotte de scandinaves venant directement de leur pays) grâce à un miracle qui aurait eu lieu à Guérande en 919 ("... en effet l'invocation par les Guérandais à saint Aubin provoque l'intervention surnaturelle d'un chevalier qui leur permet de repousser les Normands."). En remerciements pour ce brillant fait d'armes, ils décident de dédier leur cité à Saint-Aubin (409-550), évêque d'Angers et natif de Guérande. Le rédacteur d'une charte de l'abbaye de Redon du milieu du IXème siècle prend soin de dire que cette charte a été passée "dans cette église devant l'autel où sont conservées les reliques de saint Aubin". Quelques évêques de Nantes ont momentanément résidé à Guérande : au XIème siècle, Quiriacus ou Quirac ou Guerec y habitera longtemps et on donna à Guérande le nom de Aula Quiriaca ou Guerec d'où vient peut-être le nom de Guérande.

Après l'an mille, la présence d'un château permet la création d'un bourg castral à quatre portes (Saint-Michel, Bizienne, Saillé et la Vannetaise) et plusieurs tours reliées par des courtines (la tour Théologale qui date de Jean IV, la tour Sainte-Anne qui date de 1442-1450, la tour Kerbenet, la tour de la Gaudinais, la tour de l'Abreuvoir ou Kercassier, la tour Saint-Jean, etc ...). Un acte de 1206 mentionne un bourg de Guérande. En 1214, Pierre Mauclerc dispose du domaine de Guérande. Un dénommée Geuffrey de Guerrande est mentionné dans le Livre des Ostz, rédigé en 1294 (il doit un chevalier d'ost pour tout son fief). Guérande (Garanda) apparaît dans l'Atlas de Petrus Vesconte, qui, vers 1321, dresse la carte des côtes de France. En 1332, le domaine de Guérande est tenu par Jean de Montfort : en effet, un acte daté du 26 décembre 1332 indique que les terres "de Guerrande et de Baaz et de Saillé et appartenances d'icelles" appartiennent à "Jehan de Bretaigne, conte de Montfort". Le  territoire de Guérande est envahi en 1342 par les troupes espagnoles de Louis d'Espagne (accompagné d'un capitaine genevois Othon Ardone), alliées de Charles de Blois contre Jean de Montfort prétendant au trône de Bretagne. Il met le siège devant la ville de Guérande qui ne possède pas encore de remparts. Louis d'Espagne s'en empare facilement et "tua tout ce qu'il trouva dedans, ils bruslèrent ses soldats cinq églises en la ville : dont Louis d'Espagne fut si déplaisant qu'il fist pendre et étrangler vingt cinq d'iceux. Cette ville estoit pleine de biens : et y firent les genevois et espagnols un très grand butin (d'Argentré)". De Guérande, Louis d'Espagne marche ensuite sur le Croisic où il sème la ruine et l'incendie. Ces revers ne découragent pas Jean de Montfort qui ordonne dès 1343 à son lieutenant Guillaume du Verger, de commencer à entourer la ville de Guérande de murailles. En août 1344, Charles de Blois vient en personne assiéger Guérande, qui se rend le 19 ou le 20 août. Mais dès 1352, Guérande retombe à nouveau sous l'autorité de Montfort. Les traités signés en 1365 (en l'église Saint-Aubin) et en 1381 (en l'église Notre-Dame) mettent fin à cette Guerre de Succession. 

En août 1404, une flotte anglaise, sous le commandement du comte de Beaumont, paraît en vue des côtes guérandaises et y opèrent un débarquement. Les Guérandais demandent alors du secours à Jean V (alors âgé de 15 ans) qui envoie en avant-garde le maréchal de Rieux. Le combat est court, et Beaumont est tué par Tanneguy (ou Tanguy) du Châtel ("les documents n'ont laissé aucun renseignement sur le lieu de ce combat, mais il est à présumer que le débarquement des Anglais comme la plupart de ceux qui se font dans la région de Guérande, ont lieu entre Pornichet et la pointe de Chemoulin, et que la rencontre des deux armées s'est faite à proximité de la ville, du côté d'Escoublac"). Au commencement de mai 1407, le flotte anglaise reparaît en vue des côtes guérandaises et tente d'opérer un nouveau débarquement, mais elle se heurte à la résistance des vaisseaux du Croisic, sous le commandement de Jean Bouchard, aidé de Pierre Groy, Guillot le Capitaine, Jean Colven, Pierre Le Comte. Suite à l'emprisonnement par les Clisson (Margot de Clisson et son fils) du duc Jean V à Châteaucaux, treize seigneurs de Guérande, accompagnés de 76 compagnons partent du Croisic pour délivrer Jean V. Le duc est rendu à la liberté le 5 juillet 1420. Suite à l'emprisonnement du chancelier de Bretagne, Jean de Malestroit, à Pouancé, Jean V, aidé des Guérandais (une petite troupe de 25 hommes d'armes et de 15 archers, sous le commandement d'Olivier de Cleuz), vient mettre le siège devant cette ville au mois de janvier 1437. Après la mise en liberté de Jean de Malestroit, Jean V récompense les Guérandais en la personne de Jean Le Pennec, dont les descendants deviennent seigneurs de Lesnérac et de Lauvergnac. A noter que le duc Jean V porte à Guérande un véritable intérêt. En effet, Jean V vient à Guérande en 1404 pour faire face aux Anglais, puis en février 1419 (accompagné de son frère Richard, comte d'Estampes, et de son chancelier Jean de Malestroit, évêque de Nantes, et de l'abbé de Beaulieu). Après sa délivrance de Châteaucaux, Jean V vient de nouveau à Guérande en octobre 1422. En septembre 1430, il passe à Guérande, ainsi qu'à la fin de mai 1439. La dernière visite de Jean V à Guérande date du mois de septembre 1441 (accompagné de ses fils Pierre et Gilles, de l'évêque de Saint-Brieuc, et de sa suite). En 1431, Jean V fait construire l'enceinte afin de protéger la ville de Guérande. 

La châtellenie de Guérande appartenait jadis en propre aux Ducs de Bretagne. Il en donnait temporairement la jouissance à des personnes de son entourage : Jeanne de Navarre, la duchesse Isabeau d'Ecosse (veuve de Jean IV), François Ier. Cette châtellenie s'étendait sur huit paroisses : Guérande, Le Croisic, Batz ou Batz-sur-Mer, Escoublac, Saint-Lyphard, Saint-Molf, Mesquer et Piriac.

Un couvent des Jacobins est fondé entre 1404 et 1409, par le duc Jean V : sa fondation est autorisée le 19 mars 1404 par une bulle du pape Benoît XIII et la première pierre est posée le 16 mars 1409. Le bourg va se développer autour du commerce du sel et du vin. A partir du XVIème siècle, l'ensablement de ses sites portuaires et l'affaiblissement du sel comme monnaie d'échange lui font perdre sa puissance maritime au profit du Croisic et de Pouliguen. Lorsque éclatent les troubles religieux du XVIème siècle, Guérande est une des premières villes évangélisées par les Huguenots. Dans la ville close, la collégiale Saint-Aubin et Notre-Dame-la-Blanche sont des sièges de paroisses, ainsi que l'église Saint-Michel dans les faubourgs. Les autres édifices sont des chapelles. Le château est démoli en 1614. Un couvent d'Ursulines est fondé en 1646 par la mère Marie Charette. Un hôpital ou Hôtel-Dieu est créé en 1650 par les charités publiques. Les Etats de Bretagne se tiennent à Guérande en 1625. 

Pendant la Révolution, Guérande est prise par les Royalistes, le 18 mars 1793, mais ces derniers évacuent la ville presque aussitôt. Le 7 juillet 1815, Guérande est attaquée par une division aux ordres du marquis de Coislin.

Note 1 : les pirates Normands ou Scandinaves descendent quatre fois dans le pays de Guérande, deux fois au IXème siècle, en 843 et en 853, deux fois au Xème siècle, en 919 et en 959 ou 960. L'invasion de 919 est entre toutes la plus terrible qu'a à supporter le pays de Guérande. A partir de 936, Alain Barbe-Torte, débarqué d'Angleterre, fait contre eux une guerre impitoyable : il les poursuit dans le comté de Nantes et les extermine à Trans, le 1er août 839. En 959/960, une flotte venant encore des pays Scandinaves fait le tour de la Bretagne, remonte la Loire et s'empare de Nantes, où l'évêque Gautier est fait prisonnier. Ils font ensuite halte à Guérande où ils relâchent l'évêque après en avoir tiré une forte rançon. C'est la dernière visite des Normands en Guérande. 

Note 2 : le premier traité de Guérande (12 avril 1365) ratifié par le roi de France Charles V met fin à la Guerre de Succession entre Jean IV, duc de Bretagne, comte de Montfort, et Jeanne sa cousine et comtesse de Penthièvre. La paix est proclamée dans la collégiale Saint-Aubin. Du Guesclin assiège et prend Guérande en 1373 au nom de la France. Clisson tente de reprendre Guérande en 1379. Par la suite, un second traité de Guérande est signé le 4 avril 1381 entre le duc Jean IV et Charles VI, roi de France, dans la chapelle Notre-Dame-la-Blanche. Le traité de Guérande, en 1365, reconnaît Jean de Montfort comme le duc de Bretagne. Jeanne de Penthièvre renonce à la couronne et doit remettre au duc Jean IV les villes et châteaux dont ses partisans se sont emparés pendant la guerre. La succession du duché doit échoir de mâle en mâle, d'abord dans la maison de Jean IV, puis, à défaut d'héritiers mâles, même collatéraux, dans celle de Penthièvre. Un article du traité stipule que Jeanne de Montfort, sœur du nouveau duc, épouserait Jean de Penthièvre, fils aîné de Charles de Blois, et que Jean IV paierait, à cette occasion, 100 000 livres pour la rançon de ce prince qui, depuis 1356, se trouve prisonnier en Angleterre. Cet article n'est pas exécuté et devient, par la suite, la source de querelles graves entre Jean IV et Olivier de Clisson, procureur de Jean de Penthièvre. Jean IV prête serment dans l'église Saint-Aubin d'observer le traité. Le traité de Guérande est ratifié par Charles V. Le duc de Bretagne envoie vers lui Olivier de Clisson et l'Anglais Guillaume Latimer pour lui demander cette ratification. Le 22 mai 1366, les députés de Jean IV rencontrent le Roi, et quelques jours plus tard, celui-ci signe cette ratification. Le traité de 1365 ne ramène pas la paix définitive en Bretagne. Après quelques années de tranquillité, les fautes commises par le duc rallument les hostilités. Jean IV est contraint de quitter son pays : il s'embarque à Brest le 28 avril 1373 et se rend en Angleterre auprès d'Edouard III. La ville de Guérande est prise en 1373  par Du Guesclin au nom du roi de France. Le duc de Lancastre prépare une expédition pour ramener Jean IV en Bretagne. Une armée anglaise forte de 16 000 hommes débarque à Calais, avec Jean IV, à l'automne 1374. Une trêve conclue à Bruges en 1376 et la mort d'Edouard III en 1377 arrêtent momentanément les hostilités. Mais, en 1378, la lutte reprend avec plus de violence. Le duc Jean IV débarque à Dinard le 3 août 1379. Clisson paraît devant Guérande, tenu par le capitaine Guillaume du Châtel, entre le 23 août et le 1er septembre 1379. Une bataille a lieu en juin 1380 non loin d'Escoublac : le capitaine Guillaume du Châtel fait face avec succès à l'ennemi espagnol commandé par Louis d'Espagne. Suite au décès de Charles V, ennemi personnel du duc de Bretagne Jean IV, Charles VI dépêche aussitôt, en 1380, à Guérande vers Jean IV des ambassadeurs : Renaut de Corbie, Anceau de Salins, les sires de Coucy, de Rayneral et Jean de Rillé. Le 15 janvier 1381, le projet de traité est arrêté. Ce dernier Traité de Guérande (le second) est signé le 4 avril 1381 dans l'église Notre-Dame-la-Blanche de Guérande. Ce traité est ratifié par Jean IV le 10 avril au Conseil tenu à Guérande, auquel assistent le vicomte de Rohan, l'abbé de Prières, les sires de Laval, d'Assérac, de la Feuillée, Pierre Hattes, Maie Raguenel et André Olivier. Le même jour, 10 avril, une foule de seigneurs présents à Guérande suivent l'exemple du duc et ratifient à Notre-Dame-la-Blanche, la paix conclu avec le roi de France.

Note 3 : au commencement de la guerre de Succession, un embryon d'organisation se développe à Guérande. En 1341, le roi d'Angleterre Edouard III, envoyant à Guérande des ordres de guerre, s'adresse non seulement au capitaine de la ville, mais aussi à la communauté. L'organisation municipale est achevée en 1451 lorsque la Communauté de ville de Guérande figure officiellement aux Etats de Bretagne en la personne d'un député (droit qui lui est concédé sous le règne de Jean V). Pour la première fois la ville de Guérande figure en 1455 à l'assemblée provinciale, en la personne de son procureur Jean du Cellier. Les procès verbaux des Etats de 1451 indiquent les bourgeois de Guérande comme défaillants. Avant la création des fonctions de maire, le chef de la Communauté est le procureur-syndic. Il est assisté de "miseurs" qui remplissent les fonctions financières de receveurs et de payeurs des deniers municipaux. Vers le milieu du XVIIème siècle, la Communauté remet sa direction entre les mains d'un maire qui est choisi et élu par elle, et un édit de 1692 transforme les fonctions de ce magistrat en office vénal. Les paroisses et sections de Guérande sont : Saillé, la Madeleine et Trescalan. Les maires de Guérande sous l'Ancien Régime sont : François Duhil, sieur du Breil (en 1696), Guillaume Calvé, sieur de Touloc (1700), Guillaume Laragon, sieur de Kerbézo (1713), Thomas Hémery, avocat (en 1716), Le Texier, sieur de Kerhillier (1718), René Bourdic, sieur de Guémadeuc et sénéchal des Régaires (en 1722), Mouton, sieur de Kergentil et avocat (en 1733), René Boudic, sieur de Guémadeuc (en 1734), Fournier de la Gillardais (en 1740), Gannat, avocat (en 1744), Christophe Georgelin, sieur de la Maufredais (en 1745), Duvivier, greffier en chef de la sénéchaussée (en 1745), Gannat (en 1748), Joseph Tiffoche, sénéchal des Régaires et subdélégué de l'Intendance de Bretagne (en 1750), Gabriel Vrignaud de Plusquepoix, alloué de la sénéchaussée et lieutenant général de police (en 1764), Tiffoche (en 1765), Belliotte de Ville-Alain (en 1766), Gabriel Vrignaud de Plusquepoix (en 1776), Amelot (en 1779), Rouaud de la Villemartin, procureur de la sénéchaussée (en 1786). A la tête de la sénéchaussée de Guérande se trouve Le Peley de Villeneuve. Les maires de la commune de Guérande, après la Révolution, sont : Moysen (avant 1804), Chottard (en 1804), Méresse (en 1806), de Sécillon (en 1815), Louis de Couëssin (en 1821), Muterse de Ville-en-Blaie, Méresse (de 1833 à 1851), Jan-Kerguistel, de Morat, Fournier, de Pellan, Isle de Beauchaine, Frangeul, Emile Grazais, Fournier de Pellan, Grazais, Le Quen, Emile Pourieux, Bigaré, Pichelin,...  

Note 4 : la sénéchaussée royale de Guérande, qui date de 1365, comprend à l'origine treize paroisses : Assérac, Batz, le Croisic, Escoublac, Guérande, Herbignac, Mesquer, Montoir, Piriac, Saint-André, Saint-Lyphard, Saint-Molf et Saint-Nazaire. La sénéchaussée est administrée par un sénéchal. Parmi ses sénéchaux, Guérande compte des hommes remarquables dont James Le Flazne (au début du XVème siècle), et Pierre de la Bouexière (seigneur de Brantonnet) qui administre la sénéchaussée de 1706 à 1767. L'apparition des circonscriptions administratives semi-officielles, appelées "subdélégations" n'a lieu qu'au commencement du XVIIIème siècle. La ville de Guérande devient alors le siège de l'une des subdélégations et comprend à l'origine huit paroisses : Escoublac, Guérande, Mesquer, Piriac, Saint-André, Saint-Lyphard, Saint-Molf et Saint-Nazaire. A partir de 1758, la subdélégation de Guérande se trouve agrandie des paroisses de Donges et de Montoir (par suite de la disparition de la subdélégation de Pontchâteau). La première mention du gouvernement militaire de Guérande apparaît en 1342, lorsque Guillaume du Verger prend le titre de lieutenant du duc et agit au nom du souverain comme chef militaire et magistrat. A noter aussi que l'institution du "papegault" est consacrée à Guérande par des lettres du duc François II, datées de 1483. 

Note 5 : au Moyen-Age, il y a, dans la paroisse de Guérande, en dehors de la ville, six frairies, dont les centres sont à Quéniquen, Saillé, Trescalan, Careil, Clis et Congor. Puis huit autres viennent se rajouter : celle de Bogat, Lessac, Lévéno, Poissevin, Miroux, Savenac, Mouzac et Coëtpéan. A noter l'existence d'une confrérie de Saint-Nicolas dont le siège est dans une maison de la rue Saint-Michel, près du château, et qui disparaît en 1751.  

Note 6 : dès le IXème siècle, Guérande est en possession d'un hôpital. Par la suite les établissements d'assistance se multiplient. L'Hôpital Saint-Jean ou Hôtel-Dieu (transformé par la suite en école publique) existe dès le XVIIème siècle (fondé en 1650) : il a en annexe une aumônerie ou maladrerie. L'Hôpital Général est fondé en 1688 et établi au faubourg Saint-Michel. A cet établissement est annexé un bureau de charité.  

Note 7 : l'introduction de la vigne dans le Pays de Guérande est sans doute due aux Romains. Dès le IXème siècle, il existe autour de Guérande un vignoble renommé. Les grands clos sont plus tard ceux de Saint-Aubin, de la Motte et du Marsillé. Dès le XIVème siècle, on cultive le plant d'Aunis (le vin breton). La culture de la vigne disparaît avec le XVIIIème siècle. 

Note 8 : l'institution des foires est très ancienne à Guérande. Dès le IXème siècle, il s'en tient une en ville sur la place de Saint-Aubin, devant l'église, et une autre à la Pierre de Congor. En 1405, Jean V en fonde une en faveur des Dominicains du monastère Saint-Yves, foire qui se tient, les 20 et 21 mai de chaque année, au faubourg Bizienne. Il y a aussi, chaque samedi, un marché en ville qui existe dès le XIIème siècle. 

Note 9 : parmi les combattants illustres du Moyen-Age, l'un se distingue particulièrement : Guillaume du Châtel (surnommé "la Fleur des Vaillants"), seigneur de Bissin, capitaine de la ville de Guérande, à la fin du XIVème siècle. En effet, en 1380, à la bataille d'Escoublac, il met en fuite, avec 16 guérandais seulement, un corps ennemi de 300 hommes qu'il poursuit jusqu'à Saint-Nazaire. Pierre de la Bouxière, seigneur de Guérande, qui est sénéchal durant 61 ans de 1706 à 1767, laisse aux hôpitaux de la ville une somme de 120 000 livres. 

Note 10 : l'évêque de Nantes possède dans son diocèse deux officialités siégeant : l'une à Nantes, l'autre à Guérande. Cette dernière est au XIIIème siècle, une juridiction ecclésiastique complètement organisée et fonctionne indépendamment de celle de Nantes. La juridiction des Régaires est confiée à un sénéchal et à un procureur fiscal ou receveur, nommés par l'évêque de Nantes. Les revenus des Régaires de Guérande sont évalués au début du XVIème siècle à "2167 livres, 10 sous en monnaie ; 420 mesures, 1 truellé et 3 quarteaux de froment ; 344 mesures de seigle ; 24 truellé d'avoine ; 13 chapons ; 19 gelines; 5 paires de gants; 285 pipes de vin ; 1100 muids de sel". Les Régaires comprend dans son ressort : "- la ville et les faubourgs avec le manoir épiscopal et la halle; - la maison noble de Beaulieu et ses dépendances, les îles de la Motte et du Moulin, le parc Bahurel, les noës de Brantonnet, du Maupertuis et des Anguilles, le moulin à vent de Beaulieu; - les maisons et domaine de Kerhillier; - la maison noble et la métairie de la Ville-Jame; - la maison noble de la Porte-Calon, y compris le monastère des Ursulines; - la place des Moulins, avec ses six moulins, maisons, jardins, terre vaines et vagues; - le pré du Pont-au-Chat, situé près de l'église Saint-Armel; - le pré la noë du Corbon; - les jardins de Kermélec, où s'élevait autrefois un manoir; - le jardin de Beausoleil; - le lieu noble du Parc; - le domaine du Petit-Kerbénet et ses dépendances; - la maison noble du Grand-Kerbénet et ses dépendances, y compris le jardin Gicquel; - la maison noble de la Tréallaie, - 153 sillons de vigne au Clos Saint-Aubin; - 25 oeillets de marais salants dans la saline Gollandès, 8 dans Sistéro, 13 dans la saline Floc'h, 40 dans Lescobé; - la maison de Bréhanic; - la maison noble du Pressoir-aux-Chanoines, au bout de la Rue; - la métairie de Bréhadour; - le moulin à vent de Carné, à Clis; - la maison de Kersavary et ses dépendances". En plus de ces domaines, les Régaires comprend "- environ 220 hectares de terres morcelées dans les paroisses de Guérande et d'Escoublac; - le quart des dîmes à l'onzième sur les grains et au seizième sur les vins et le sel dans les paroisses de Guérande, de Piriac et de Saint-Nazaire, et le sixième de celles de Mesquer et de Saint-Molf; - la dîme d'agneau dans ces paroisses, et celle sur toutes les terres acquises par le Roi ou qui lui seraient échues par déshérence". A ces domaines viennent s'ajouter des rentes féodales.

Note 11 : la Fabrique de l'église Saint-Aubin possède avant la Révolution : "l'église Saint-Aubin et son cimetière qui l'entourait; - l'église Notre-Dame, celle de Saint-Michel et son cimetière; - le cimetière de Sainte-Anne et sa chapelle; - les chapelles de la Trinité au faubourg Bizienne, et de Saint-Armel au faubourg Saint-Armel; - l'église Saint-Jean en la ville, avec l'habitation des religieuses de l'hospice Saint-Jean, le fournil et le jardin de cet établissement; - la chapelle du bourg de la Madeleine, celle de Sainte-Catherine, de Clis, de Notre-Dame, de Brandu, de Saint-Louis et Saint-Clair, de Saillé, de Saint-Jacques et Saint-Eutrope, de Bréca, avec droit de place, dans tous ces monuments, des troncs destinés à recevoir l'offrande des fidèles". Elle possède, de plus, en la ville de Guérande, "le droit de tenir des étaux et boutiques devant l'église Saint-Aubin, le long du cimetière, ainsi que devant les halles; quelques rentes, et 231 œillets de marais salants". Les revenus s'élèvent en moyenne à 9000 livres et ses charges sont supérieures d'environ 1000 livres, passif soldé par des dons des fidèles et des seigneurs.

Note 12 : la première "montre" de 1425 est passée à Guérande par Jean de Muzillac, seigneur de Trévali. Ce dernier, capitaine de la ville de Guérande et à la tête de 200 hommes recrutés en grande partie dans la région guérandaise, vient au secours du roi Charles VII à Bordeaux en octobre 1453. Le 5 mai 1467, Alain de la Roche passe à Guérande la revue de tous les miliciens de l'évêché de Guérande. Le 19 avril 1469, Jean Chauvin, seigneur de l'Eperonnière, passe à Pontchâteau la revue des miliciens guérandais. En 1470, des seigneurs bretons mécontents et gagnés par le roi de France, abandonnent le duc breton François II : Tanneguy du Châtel, grans-maître d'hôtel du duc, se fait l'instigateur de cette trahison et entraîne à la cour de Louis XI des seigneurs comme Jean de Rohan. A noter que deux gentilshommes guérandais participent à ce complot, Jean de Bogat et Jean de Quilfistre. Les conjurés quittent la Bretagne au mois d'avril 1470. En 1474, une montre est tenue à Pontchâteau par Roland de Rostrenen et Robert l'Espervier. Le 24 juin 1481, François II délègue le sieur de Vigneuc pour passer en revue les troupes guérandaises. Le 7 avril 1484, des Guérandais adhérent à une conspiration contre François II et son trésorier Pierre Landais : Jean de Trévéar, Guillaume de Tréguz, Jean et Guillaume du Cleuz. Une ordonnance de François II, datée du 21 mai 1484, les déclare félons et prescrit la démolition de leurs châteaux.   

Note 13 : c'est Coligny, seigneur d'Andelot, qui introduit, en son château de la Bréteché et à la Roche-Bernard, la religion réformée. En peu de temps, dans le pays de Guérande, et particulièrement au Croisic et à Piriac, le Protestantisme fait des progrès rapides. La Réforme trouve ses premiers adeptes, parmi les nobles : les Tournemine (barons de Campzillon), les du Bouays de Baulac (seigneurs de Careil), les Jollan des Roches, de Montbarrot, Aubin de Trémondet, de Branzay, Le Gentilhomme de Kervaudu, de Tréméreuc, de Couëdo, Yviquel de la Grée, Yviquel de Saint-Goustan, de Gennes, Groy, Bouchart, etc .... En 1558, deux pasteurs Jean Carmel, dit Fleury, et Pierre Loiseleur, dit Villier, seigneur de Westhoven, commencent leurs prédications dans l'église Notre-Dame de Pitié. Fleury devient l'hôte de M. de Baulac, seigneur de Careil, et habite le château dès le 17 mai 1558. Loiseleur fonde l'église réformée du Croisic et fait à Batz-sur-Mer plusieurs prédications dans la chapelle des Muriers. L'édit de janvier 1562 accorde aux Protestants la liberté du culte. Ceux du pays de Guérande s'empressent alors d'envoyer chercher un des leurs compatriotes, François Baron, originaire de Piriac qui avait fait ses études théologiques à Genève. Ce dernier établit sa résidence au Croisic, d'où il assure le service des églises de Guérande et de Piriac. Au mois d'avril 1562, Jean du Bouays (ou Boays), seigneur de Baulac et de Careil, fait procéder dans l'église Saint-Michel de Guérande au baptême d'une de ses filles par le ministre du culte réformée. En janvier 1563, le ministre du culte, Lecoq, vient s'installer à Guérande et se trouve en lutte avec les Dominicains et le Chapitre de la Collégiale de Saint-Aubin. Lecoq est remplacé par le pasteur Jean Boisscul, qui quitte Guérande en 1566 pour aller au Croisic, prendre la place de François Baron. Après de longues luttes, les réformés de Guérande obtiennent, en 1602, l'autorisation de faire construire un temple au village de Clis (temple qui sera finalement jamais édifié) et d'y établir un cimetière, car jusque là ils avaient utilisé pour leur culte, l'église Saint-Michel de Guérande. De 1600 à 1644, les Protestants de Guérande ne sont pas inquiétés. Le culte cesse d'être exercé au Croisic, le jour où un arrêt du Conseil du 5 avril 1644 vient interdire aux protestants de "faire aucun exercice public de leur religion en la dite ville du Croisic". En 1655, le culte réformé sur le territoire de la sénéchaussée de Guérande est interdit. En 1763, le subdélégué de Guérande affirme à l'intendant de Bretagne qu'il n'y a plus de protestants dans sa circonscription.

Note 14 : pour solder les frais des guerres désastreuses, il faut beaucoup d'argent, et les caisses de l'Etat sont vides. Le jour même où se livre le combat en rade du Croisic, le 20 novembre 1759, le Ministre, comte de Saint-Florentin, ordonne de dresser, dans toutes les églises, un inventaire des objets d'argent susceptibles d'être convertis en monnaie. A Guérande, c'est un nommé Fournet, qui s'occupe de cette besogne. La Collégiale lui fournit "six petits chandeliers montés en fer, une lampe et deux tableaux couverts d'une feuille d'argent, deux burettes, deux lanternes, une petite clochette, une lampe et un bénitier.". Au couvent des Dominicains du faubourg Bizienne, il trouve, "outre les vases sacrés, deux burettes et un petit bénitier". Chez les Ursulines, "une petite lampe". Dans les églises de Batz-sur-Mer et du Croisic, il relève quatre petites statues de saints en forme de reliquaire, recouvertes de feuilles d'argent. Dans celle d'Escoublac deux burettes très minces. Dans celle d'Herbignac une lampe. Mesquer, Piriac-sur-Mer, Saint-Molf, Saint-André, Assérac et Saint-Lyphard ne présentent aucun objet d'argent. Il en est de même des Capucins du Croisic. 

Note 15 : durant les guerres de la Ligue, le point de concentration des troupes du duc de Mercoeur dans le pays de Guérande se trouve au château de Ranrouët, où Jean de Rieux, marquis d'Assérac s'était fortifié avec l'aide de Guillaume de Bouexic, chef d'une compagnie de 50 arquebusiers français. La garnison de Ranrouët se livre à diverses incursions dans le pays de Guérande. Le château de Careil, qui appartient à une famille protestante, est pris et pillé, en 1589, par une petite armée sous les ordres du capitaine de Cleuz. En 1590, l'arrivée du capitaine Grésil de la Tremblaye est le signal de pillages et de brigandages sanglants. Pour résister à ces brigands, Guérande a quelques pièces d'artillerie, une compagnie de 80 arquebusiers, envoyée par Mercoeur, sous le commandement du capitaine Dupé d'Orvault, une autre compagnie de 25 arquebusiers et 15 chevaux-légers sous les ordres de M. de Kergus. Après le départ de La Tremblaye qui n'a pu s'emparer de la ville de Guérande, les troupes de Mercoeur s'emparent du château de Campzillon, appartenant à la famille de Tournemine. Ce château avait été reconstruit en 1569, par Pierre Tournemine, à la place d'une ancienne citadelle détruite avant l'an 1540. Campzillon est pris sans résistance et brûlé en octobre 1590. La Ligue se termine en Bretagne en 1598, mais l'on vit encore dans le pays de Guérande le recrutement, ordonné par Louis XIII, le 11 septembre 1628, de 100 marins pour compléter les équipages des vaisseaux destinés au siège de La Rochelle.

Note 16 : un édit de juillet 1661 (mais enregistré que le 1er mars 1663) ordonne de lever en Bretagne un impôt annuel de 3000 livres pour l'entretien d'une garnison à Guérande et d'une autre au château du Croisic. En 1692, sont formées des milices garde-côtes, suivie d'une réorganisation en 1726. Une nouvelle organisation a lieu en 1732. Sous le nom de Capitainerie de Guérande, on regroupe les paroisses de Guérande, qui comprend alors la Turballe et Trescalan, le Pouliguen, Batz-sur-Mer et la pointe de Chemoulin. La Capitainerie du Croisic regroupe toutes les paroisses comprises entre Nivillac, La Roche-Bernard et Piriac-sur-Mer. La Capitainerie de Saint-Nazaire s'étend au Sud de la Loire. Ces trois Capitaineries composent le Bataillon de Guérande. Le 13 octobre 1746, une flottille de 45 vaisseaux anglais apparaît en vue du Croisic. Le 28 avril 1747, est établie une "disposition générale pour la défense des côtes de la province de Bretagne". En fait de soldats, il y a dans la Capitainerie de Guérande 1 900 hommes inscrits aux milices, dont 300 seulement en service réel formant trois compagnies casernées dans la ville de Guérande. La Capitainerie du Croisic possède 2 598 hommes, dont 350 groupés en compagnies détachées. Elle a dans son étendue neuf corps de garde établis au Castelli, à Piriac-sur-Mer, à Kervagarec, à Beaulieu de Mesquer, au Bil, à Loscolo, à Pénestin, à Tréhiguier et à La Roche-Bernard. A partir de 1755, la Capitainerie de Guérande reçoit pour commandant M. de Pellan, pour lieutenant M. Le Chauff, pour major M. de La Bourdonnaye, et pour aide-major M. de Courson.

Note 17 : liste non exhaustive des responsables ou maires de la commune de Guérande : Calvé de Touloc (en 1700), Laragon (en 1713), Le Texier (en 1718), René Bourdic de Guémadeuc (en 1722), Mouton (en 1733), Duvivier (en 1745), Tiffoche (en 1750), Vrignaud de Plusquepoix (en 1764), Belliotte de Ville-Alain (en 1766), Rouaud de Villemartin (en 1786), Moysen ou Moysan ou Moisan (avant 1804), Chottard (en 1804), Méresse (en 1806), de Sécillon (en 1815), Louis de Couëssin (en 1821), Muterse de Ville en Blaie, Méresse (de 1833 à 1851), Jan-Kerguistel, de Morat, Fournier, de Pellan, Isle de Beauchaine, Frangeul, Emile Grazais, Fournier de Pellan, Le Quen, Emile Pourieux, Bigaré, Pichelin, ....
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Par thioux olivier - Publié dans : divers
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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 16:28
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Par thioux olivier - Publié dans : cartes de voeux
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